RAPPORT D'ENQUÊTE SUR LE DÉCÈS DE MME CLAIRE TRUDEL
QUÉBEC, le 21 août /CNW Telbec/ - Le Bureau du coroner annonce le dépôt du rapport de la coroner, Me Catherine Rudel-Tessier, à la suite des audiences publiques tenues pour éclaircir les causes médicales et les circonstances entourant le décès de Mme Claire Trudel, 87 ans, survenu à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont le 19 décembre 2006, à la suite d'une bronchopneumonie.
L'enquête
Avant son décès, Mme Trudel vivait avec son fils et recevait des soins du Centre local de services communautaires (CLSC) de Pointe-aux-Trembles. L'état dans lequel Mme Trudel est arrivée à l'hôpital, le 2 décembre 2006, était tel que ses médecins se sont demandés comment il a pu s'être dégradé à ce point, alors qu'elle recevait des visites quotidiennes d'intervenants.
L'enquête publique a donc permis à la coroner de comprendre pourquoi, alors que Mme Trudel recevait régulièrement les visites d'intervenants, elle est arrivée à l'hôpital dans cet état de faiblesse et de dégradation physique.
Les circonstances entourant le décès de Mme Trudel
Mme Trudel, qui aurait demandé à son fils de mourir à la maison, souffrait de démence et devait être encadrée jour et nuit. Lorsque son état s'est détérioré, elle a été hospitalisée. Son fils refusait l'idée d'un hébergement en centre hospitalier. L'hôpital a donc accepté le retour à domicile de la dame lorsqu'une aidante de jour a été engagée par son fils. Or, bien que l'état de Mme Trudel nécessitait une surveillance constante, ni le fils ni l'aidante de jour ne lui prodiguaient les soins qui lui étaient nécessaires. Le CLSC a rencontré à plusieurs reprises son fils pour lui rappeler l'importance de son rôle, mais aucune amélioration n'a été observée par les intervenants. Le CLSC a donc augmenté ses visites, mais les relations entre le fils et les intervenants étaient toujours très difficiles.
Le manque de stimulation a rendu Mme Trudel de moins en moins autonome et son état n'a cessé de se dégrader. Comme elle était toujours couchée et qu'elle n'était pas repositionnée régulièrement, elle a développé plusieurs plaies de lit. Le CLSC a augmenté la fréquence de ses visites. Elle fut finalement hospitalisée et elle est décédée quelques semaines plus tard.
Les limites des soins à domicile
La coroner, Me Catherine Rudel-Tessier, considère que le maintien à domicile des personnes en perte d'autonomie est un choix parfaitement valable et qu'il faut l'encourager. Il a cependant des limites et, l'hébergement des personnes vulnérables peut devenir inévitable notamment lorsque la prise en charge par les aidants naturels n'est pas adéquate. En effet, Mme Rudel-Tessier souligne que les auxiliaires familiales et le personnel infirmier du CLSC ne peuvent que fournir des services ponctuels aux personnes en perte d'autonomie demeurant à domicile.
Enfin, l'enquête a mis en lumière toute la question du consentement des patients. À plusieurs moments, les intervenants auraient pu s'interroger sur le besoin d'un hébergement pour Mme Trudel et faire appel aux tribunaux ou au Curateur public. La coroner est d'avis qu'il faut former les intervenants sur les rôles et les responsabilités des aidants naturels. Il faut aussi leur donner les outils pour qu'ils puissent efficacement signaler à des personnes en autorité les situations problématiques qu'ils peuvent observer lors de leurs prestations de services.
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ANNEXE
RECOMMANDATIONS
Afin d'assurer une meilleure protection de la vie humaine et d'éviter des
décès du même type, la coroner, Me Catherine Rudel-Tessier, recommande:
Au Centre de santé et de services sociaux du Québec :
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- de former les intervenants des soins à domicile sur les rôles et
responsabilités des aidants naturels;
- d'instaurer une procédure permettant à l'intervenant de signaler
formellement à une personne en autorité une situation problématique
pouvant mettre en danger la santé ou la sécurité de la personne aidée
qu'il a observée durant une prestation à domicile;
- d'instaurer une procédure afin qu'une personne responsable examine la
situation dénoncée et soit en mesure d'y remédier rapidement ou de
faire appel aux instances appropriées (tribunaux, Curateur public).
Au Curateur public :
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- de mener une campagne de sensibilisation auprès des intervenants des
soins à domicile, afin que ces derniers soient en mesure de réagir aux
signes pouvant laisser croire à des soins inadéquats ou à de la
maltraitance.
À l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec :
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- de s'assurer de la connaissance et de l'usage du guide sur le soin des
plaies dans les milieux de soins à domicile.
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Communiqué envoyé le 2008-08-21 09:20:00 et diffusé par:
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